01/03/2020


Jour 21 : Entre Montagne Noire et Monts de Lacaune.


Labruguière --> La Salvetat-sur-Agout 57 km et 1000 D+


Ce matin je suis partie de bonne heure et ai décidé de faire une petite étape au vu de la météo annoncé (averses orageuses et vent l'après-midi).

Guillaume, mon hôte de la veille, me conduit jusqu'au début de la voie verte qui va jusqu'à Caucalières. Je continue plein est direction Pont-de-Larn (nord de Mazamet) en longeant la Montagne Noire qui se déploie sur la droite. Je prends ensuite nord-est direction Le Rialet où une longue côte m'attend jusqu'au Col de Fauredon (800 m).

La montée est longue mais plutôt peu abrupte. Je surplombe Mazamet et laisse dans mon dos la silhouette foncée de la Montagne Noire.

Je m'arrête pique-niquer sous le soleil mais au moment du départ le ciel de fait menaçant : j'enfile ma tenue de pluie. J'arrive dans le département de l'Hérault en longeant le Lac de la Raviège et atteint La Salvetat-sur-Agout en début d'après-midi, entre deux averses.

Le compteur a dépassé les 1000 km aujourd'hui 🙂

02/03/2020


Jour 22 : La traversée des Monts de l'Espinouse sous la tempête...

...Et l'arrivée en vallée de l'Orb sous le soleil.


La Salvetat-sur-Agout --> Vieussan 43 km


Record battu ce matin ! 850 m seulement avant la première averse qui me fait chercher un abri pour m'arrêter. Je suis partie le ciel globalement dégagé et voilà que déjà les premières gouttes arrivent ! Il pleut mais je décide toutefois de prendre la route car l'après-midi s'annonce encore plus pluvieux et venteux. Donc je m'équipe pour affronter la pluie et attaque l'ascension jusqu'au col de Fontfroide sous la tempête de pluie, grêle, vent et rafales jusqu'à 110km/h ! Je suis partie désormais, pas question de faire demi-tour. Et une fois sous la pluie, on s'y habitue ! Arrivée au col, c'est le déluge, je profite d'un petit abri pour mettre des affaires sèches afin de ne pas me refroidir pendant la descente. il fait 3°C, je commence à avoir froid et décide de descendre vers Olargues, le premier village en contrebas afin d'avoir un peu plus de chaleur et moins de vent. Les 12 km et 900m D+ de descente sont fantastiques, la montagne se laisse apercevoir malgré le ciel chargé et la route serpente entre les arbres agités par le vent. Je freine fort tout le long de la descente, mes câbles en sont mêmes détendus. Je m'arrête tous les kilomètres souffler dans mes gants trempés afin de maintenir des sensations dans les doigts pour être capable de freiner ! Parfois le vent est si fort que je pose pied à terre.

J'arrive à Olargues et m'abrite dans le café tant attendu ! Quelle joie d'être simplement abritée !


Je profite d'une table près d'un radiateur pour faire sécher mes affaires. Je fais la rencontre de Jacques qui a parcouru le globe à vélo. Il s'empresse de me raconter l'histoire de sa rencontre avec sa femme : il était en service militaire à Djibouti et devait évacuer les personnes qui se cachaient sous les trains pour fuir. Un jour, il tombe nez à nez avec une femme attachée sous un wagon et le pied volontairement infecté par ses anciens détenus. Il tombe immédiatement amoureux. Il cache et s'occupe de sa protégée et partent ensuite pour une traversée de l'Afrique à vélo d'est en ouest, de Djibouti en Côte d'Ivoire. Jacques fabrique des fleurs à partir de canettes usagées qu'il se plaît à distribuer et qu'il faut arroser de sourires, comme il le dit si bien 🙂

Je termine la route jusqu'à Vieussan sous un grand soleil, aussi impressionnant que celui puisse paraître ! Au sortir de la montagne le climat change d'un coup : lavande, oliviers, végétation méditerranéenne.

Quelle journée pleine de contrastes !

03/03/2020


Jour 23 : Les gorges d'Héric et la Passa Païs entre les gouttes


Vieussan --> Hérépian 29 km


Je regarde la météo au réveil : matin nuageux et après-midi pluvieux : je décide de pédaler uniquement ce matin afin de profiter des paysages des étapes qui m'attendent par la suite.

Profitant de l'éclaircie, je fais un crochet aux gorges d'Héric puis emprunte la voie verte la Passa Païs jusqu'à Hérédian. Je profite de l'après-midi midi pluvieux pour préparer les prochaines étapes 🙂

04/03/2020


Jour 24 : La Méditerranée m'ouvre ses portes


Hérépian --> Montpellier 93 km


Après une petite journée de vélo hier, j'ai fait le plein d'énergie et mes jambes pédalent à vive allure entre rochers imposants et végétation aride aux abords du lac du Salagou. Je m'arrête faire un tour au Cirque de Mourèze, si insolite ! Lunaire et aride. Belle surprise ! Je découvre toute la diversité du département de l'Hérault.

Je pensais m'arrêter à Clermont-l'Hérault mais décide de poursuivre jusqu'à Montpellier afin de profiter du soleil de l'après-midi non prévu initialement (et d'anticiper la pluie annoncée pour demain). Je poursuis donc plein est en passant par Canet, Le Pouget entre vigne et végétation méditerranéenne, avec dans le dos les majestueuses montagnes du Salagou. J'arrive à Montpellier à l'heure de pointe et dévale les pistes cyclables le long des voies de tramway en doublant les voitures à l'arrêt et retrouve Clémence Place de la Comédie 😁

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Arrivée à Montpellier !

Méditerranée me voilà ! Après 1200 km me voici à Montpellier ☀

06/03/2020


Jour 26 : Du calme hivernal de Palavas-les-Flots au tumulte du vent de face du Gard


Montpellier --> Nîmes 92 km


Départ de Montpellier par la voie verte direction Palavas-les-Flots, la Grande Motte et le Grau-du-Roi entre marais, étangs et oiseaux. C'est calme pour des villages méditerranéens vu la saison.

Visite d'Aigues-Mortes et de ses remparts qui l'entourent. J'attrape la Via Rhona pour une heure environ jusqu'à Générac puis s'en suit une longue montée avec vent de face jusqu'à Nîmes, bien fatiguante, le vent soufflant fort. J'ai l'impression de ne pas avancer ! J'arrive bien fatiguée à Nîmes mais décide toutefois d'aller faire un tour aux arènes malgré le fait que la nuit soit déjà en train de tomber. Demandant mon chemin, je tombe sur Bernard sur son vélo qui me fait faire un tour de la ville empli d'anecdotes et un peu fou en slalomant entre les points d'intérêt où les bâtiment éclairés sont féeriques !

Très belle rencontre surprise ! Qui à 5 secondes près n'aurait jamais eu lieu :)

07/03/2020


Jour 27 : Entre arènes romaines et Camargue


Nîmes --> Mas Thibert (15 km sud d'Arles) 52 km


Ce matin, je retrouve Bernard, rencontré hier, pour partager brandade de morue et fougasse, les spécialités de Nîmes, dès le réveil ! On en profite pour refaire un tour dans la ville.

Je prends ensuite la direction d'Arles à vive allure, je dévale les 32 kilomètres en une heure environ, poussée par le vent ! Un demi-tour où je pédale à 9 km/h me fait prendre conscience de la force de son souffle !

Je traverse le Rhône et visite Arles, la place de la mairie, les arènes et le Forum romain. Ville bien animée ce samedi :)

Je prends ensuite la Via Rhona jusqu'à Mas Thibert où je retrouve mon amie Ariane !

08/03/2020


Jour 28 : À l'approche de Marseille


Mas Thibert --> Martigues 48 km


Ce matin je fais tout d'abord un tour dans Arles avec Ariane et ses amis venus pour le week-end.

Je poursuis ensuite dans l'après-midi sur la Via Rhôna plein sud et la quitte juste avant Port-St-Louis. Je traverse la plus grosse zone portuaire de France par Fos-sur-Mer et Port-de-Bouc sans grand intérêt et même totalement sinistre, pas facile de construire son itinéraire dans cette région où il y a beaucoup de grosses routes et peu d'espace réservé aux cyclistes. La traversée est un peu sordide ce dimanche où la zone industrielle est pratiquement à l'arrêt et fait penser à une zone désaffectée.

Je prends ensuite direction Martigues, la Venise provençale avec son canal et ses maisons colorées qui font penser à Burano :). La ville s'étend au pied de l'imposant Étang de Berre.

09/03/2020


Jour 29 : De la Chaîne de l'Estaque au Mistral marseillais


Martigues --> Marseille 58 km


Au sortir de Martigues, je prends plein sud avec un beau faux-plat direction Sausset-les-Pins et longe la côte jusqu'à Carry-le-Rouet. La côte est splendide, les falaises du Parc des Calanques se détachent au loin. Je reprends au nord par le Vallon de l'Aigle, route aride et insolite. Je m'approche de Marseille par l'Estaque où le vent commence à souffler. L'arrivée est belle : la ville apparaît au loin, avec au premier plan la mer et à l'arrière plan les falaises.

Pas évident d'approcher et circuler dans Marseille, peu bike-friendly. J'arrive toutefois à me frayer un chemin entre deux bourrasques et arrive face à l'imposante Cathédrale de la Major. Je m'installe au Vieux Port mais n'y risque guère car le vent a renversé mon vélo, pourtant solidement adossé sur sa béquille !

Quand on se rend compte que rien ne manque le monde entier vous appartient.


Lao Tseu

10/03/2020


Jour 30 : Le Parc National des Calanques dans toute sa splendeur : entre Col de la Gineste et Route des Crêtes


Marseille --> La Ciotat 34 km et 800 m D+ (dont 250 m sur 2 km à pousser le vélo au sortir de Cassis pour gravir le mur à 30 % ! )


Départ de Marseille direction le Col de la Gineste (326 m). La montée n'est pas très longue et la ville de Marseille se dessine au fur et à mesure de l'ascension entre les falaises et la mer. Déjà les paysages des Calanques apparaissent majestueusement : roches blanches, falaises déchiquetées, végétation méditerranéenne.

Le Col passé, j'entame la longue et belle descente jusqu'à Cassis, les mains bien accrochées au guidon et les doigts sur les freins pour lutter contre le vent. Malgré la descente qui se laisse dévaler facilement, je m'arrête régulièrement pour prendre le temps d'admirer le paysage. La descente devient plus raide sur la fin, jusqu'au port de Cassis.

Puis je prends direction de la mythique Route de Crêtes. Un mur m'attend pendant 2 km au sortir de Cassis où même pousser le vélo à pied face à cette pente de 30 % s'avère difficile. Je me réjouis dès que la pente devient un peu moins raide !

La Route des Crêtes est grandiose, ma route préférée jusqu'alors 🙂

J'arrive à la Ciotat et retrouve Diane 😁


La mer était était si bleue que seul le sang était plus rouge.

Paul Claudel

12/03/2020

Jour 32 : Sur les pistes cyclables de la côte varoise


La Ciotat --> Bormes-les-Mimosas 80 km


Départ de La Ciotat par une route assez fréquentée le long de la côte en laissant au loin derrière moi cette ville et le Parc des Calanques. Quelques montées casse-pattes puis une chouette descente juste avant Bandol. M'arrêtant regarder la carte, des cyclistes du club de La Ciotat, Jean-Pierre, Mario et Dominique, m'indiquent la route. Nous faisons un bout de chemin ensemble et prenons un café sur le port typique de Sanary-sur-Mer, entre bateaux et maisons colorés. Je continue la route par la Seyne-sur-Mer face aux monts (dont le Mont Faron) et aux HLM de Toulon. Je pique-nique dans la ville toulonnaise aux maisons ocres, jaunes et orange. Le soleil de mars cogne déjà bien fort et le thermomètre indique 25°C à midi. En partant par le Cap Brun et en longeant la côte, on peut voir la presqu'île de Giens et l'Île de Porquerolles.

De belles pistes cyclables m'attendent ensuite : Hyères-Plage, La Londe-les-Maures. Le Var m'a séduite avec ses aménagements pour cyclistes ! Je m'arrête planter la tente juste avant Bormes-les-Mimosas.

Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.


Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.


Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, XXXIII

13/03/2020


Jour 33 : La Côte d'Azur sous le soleil (déjà chaud !) de mars


Bormes-les-Mimosas --> St-Raphaël 94 km

Je débute la journée en traversant les villages de Bormes-les-Mimosas, le Lavandou, Cavalaire-sur-Mer. La côte déchiquetée, les ports, les îles au loin. Il fait déjà 20°C à 10 h ! Je pique-nique sur une plage paradisiaque à Cavalaire sous 25°C. La traversée de la presqu'île de St-Tropez se fait sur une piste bien sympa. Je fais un crochet par St-Tropez voir les yacht et admirer la vue sur tout le golfe de St-Tropez depuis la citadelle.

Ste-Maxime, Fréjus et arrivée au coucher du soleil à St-Raphaël. Très belle route côtière mais où les voitures ne se décalent même pas pour doubler, sauf légèrement les auto-écoles, mais sur de belles lignes blanches et où le seul camion qui ait attendu avant de me dépasser sur une portion de route avec terre-plein central s'avérait être un véhicule école ! Mais toutefois relativement peu de voitures sur cette route magnifique début mars.

14/03/2020


Jour 34 : La Corniche de l'Esterel avec de nombreux cyclistes, la baignade à Cannes et l'arrivée émouvante à Nice.


St-Raphaël --> Nice 81 km


Les premiers kilomètres se font sur une superbe route le long de la Corniche de l'Esterel, ce massif de rhyolite rouge. Il y a plus de cyclistes que de voitures en ce samedi matin ! Véridique, j'ai compté ! Mais seulement une femme sur la centaine de cyclistes vus.

Dans la descente pour Mandelieu-la-Napoule, je croise un cyclovoyageur (seulement le 2e depuis le depuis du voyage ! ) allemand qui a quitté l'Italie car pas très vivable...

Je me fraye un chemin entre les boutiques de luxe de Cannes pour acheter ma baguette quotidienne et pique-nique sur la plage quasi vide du Cap de la Croisette et me baigne 🙂

Requinquée par cette pause, je dévale les kilomètres restants à 30km/h du Cap d'Antibes à Nice. J'arrive à Nice émue après ces 1 720 km à vélo. C'est la fin d'un premier chapitre et le début d'un nouveau où l'aventure continue avec Lison !

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Arrivée à Nice !

Arrivée à Nice après 1 720 km à travers ce magnifique pays qu'est la France 🙂